Retour aux actualités
Article suivant
Article précédent

"Ces affaires qui ont tué le PS, de la Mnef au Cref", par François Charpentier (44e)

Les anciens à la Une

-

09/12/2022

"En novembre 2000, à Marseille, Pilar, fraîchement retraitée, apprend que son Cref (Complément retraite des enseignants fonctionnaires) sera réduit de 16,56 % par mois… Une mesure « scandaleusement injuste », écrit-elle à l’adresse de René Teulade, alors président de la Mutuelle retraite de la fonction publique (et ancien ministre des Affaires sociales sous la présidence de François Mitterrand).

Comme Pilar, 450 000 fonctionnaires aux revenus modestes sont victimes de cette amputation de revenus. Certains épargnaient dans le Cref depuis 1949. En 2002, le Cref est remplacé par le Corem (Complément retraite mutualiste), régime en tous points comparable. Sont à nouveau piégés 350 000 fonctionnaires et non-fonctionnaires « recrutés » en nombre très insuffisant pour garantir le retour à l’équilibre financier du régime.

Le 1 er janvier 2022, ces 350 000 épargnants survivants ont subi une nouvelle baisse de leur complément retraite de 12,6 % pour boucher un trou de 4 milliards d’euros. François Charpentier (44e) est journaliste spécialisé dans les questions sociales. Il a suivi cette affaire du Cref pendant 25 ans. Il ne pensait pas pouvoir la conclure jusqu’au jour où, par hasard (« mais pas tout à fait », dit-il), quatre mètres cube d’archives lui tombent dans les bras. Il épluche ligne à ligne ces milliers de documents révélateurs. Et il entreprend la rédaction du livre : « Tous ceux qui ont tenté de faire la lumière sur les faits ont été écartés et l’omerta a régné depuis 1999. J’ai décidé de parler. “Vous n’avez pas peur ?”, m’a demandé un magistrat de la Cour des comptes qui a relu mon manuscrit pour veiller à ce que je ne commette aucune erreur ou interprétation susceptible de me valoir une plainte pour diffamation. »

Les auteurs des méfaits ont été condamnés au civil comme au pénal et l’État lui-même a été condamné pour avoir incité fiscalement des fonctionnaires et des non-fonctionnaires à cotiser dans un système qu’il savait ne plus être rentable.

Le trou de 4 milliards ne disparaîtra pas. « La vraie question qui reste aujourd’hui posée est celle de la fermeture d’un système qui continue et continuera à faire des victimes, conclut François Charpentier. Puisque des mutuelles définitivement discréditées sont apparemment incapables de prendre cette décision, à leurs yeux déshonorante, n’est-ce pas à l’État de le faire ? »

L’énorme travail d’enquête journalistique de François Charpentier est un livre nickel sur le fond. Et c’est une affaire à suivre."

Joëlle Jacques (44e)



Commentaires0

Veuillez vous connecter pour lire ou ajouter un commentaire

Articles suggérés

Les anciens à la Une

Deux jeunes étudiants journalistes de l'ESJ Lille créent un escape game autour d’un fait divers

photo de profil d'un membre

Jeanne JEDYNIAK

20 janvier

Les anciens à la Une

"Paléo-kids, l'enfance de l'humanité", par Pedro Lima (JS1)

photo de profil d'un membre

Marc VENTOUILLAC

02 décembre

Les anciens à la Une

[ALUMNI] - Sami Kara Ali, le photographe angoumoisin passé par Charente Libre, récompensé par le magazine Paris Match

photo de profil d'un membre

Jeanne JEDYNIAK

28 novembre

1